Surprescription TPE ?

Exposition récente au VIH : toutes vos interrogations sur le #TPE Traitement Post-Exposition #VIH
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polo
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Surprescription TPE ?

Message par polo » jeudi 30 juillet 2020 15:55

« ... Soulignant le risque d'effets indésirables graves de ces traitements et l'absence de certitude quant à leur efficacité, le président du Conseil national du sida (CNS) déplore que dans la grande majorité des cas, toute personne se présentant au service des urgences reçoive un TPE. ... »

https://sante-guerir.notrefamille.com/s ... 04946.html
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Sis11
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Re: Surprescription TPE ?

Message par Sis11 » jeudi 30 juillet 2020 16:06

Bonjour polo,

Qu'est-ce que vous entendez par ce lien ? :chapeau01:
Pour toutes vos questions sur le VIH/sida, les IST et les hépatites, vous pouvez aussi :
- consulter notre site internet
- nous appeler au 0 800 840 800 (SIS) ou au 0 800 845 800 (HIS)
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polo
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Re: Surprescription TPE ?

Message par polo » jeudi 30 juillet 2020 16:38

Que dans certains cas, certaines pratiques, certains profils, comme expliqué dans l'article par exemple pour un rapport vaginal même avec statut sérologique du partenaire inconnu, peut-être que le TPE n'est pas à recommander au vu du très faible risque de transmission ? Je trouve que cela mérite réflexion même si le choix reste très compliqué je l'admets, je suis moi-même dans ce cas...
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Sis13
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Re: Surprescription TPE ?

Message par Sis13 » vendredi 31 juillet 2020 13:01

La prise du TPE est effectivement une décision qui mérite réflexion. Je vous suis tout à fait !
Il s'agit de peser d'une part les risques et d'autre part les bénéfices qu'apporte ce traitement. Comme tout traitement, il peut avoir des effets indésirables et il ne faut pas le prendre à la légère (parenthèse : peut-être l'avez-vous remarqué mais le Doliprane n'est plus en vente libre depuis janvier, il y a eu des décès liés au surdosage, aucun médicament n'est anodin...) cependant, dans certains cas, prendre le TPE est un moindre mal et permet d'éviter efficacement une contamination.
Le raisonnement est en deux temps :
1) est-ce qu'une transmission du VIH est possible dans l'acte dont il est question ?
2) est-ce qu'on a des raisons sérieuses de penser que le ou la partenaire pourrait être porteur/porteuse du VIH et actuellement sans traitement ?
Cette évaluation se fait d'une part au vu des connaissances actuelles concernant les modes de transmission et la prévalence du VIH selon les groupes sociaux. Au vu de ces éléments, nous pouvons expliquer aux personnes si elles relèvent d'une indication de ce traitement ou pas. Cependant, c'est toujours un raisonnement statistique, il y a, comme dans un coup de dé, une part d'incertitude. C'est pourquoi au final, la décision de prendre ou de ne pas prendre ce traitement est une décision personnelle. Elle peut être éclairée par les explications que fournit Sida Info Service en amont et surtout par la discussion avec le médecin infectiologue qui sera consulté dans les quelques jours qui suivent le passage aux urgences.
Parfois prendre un TPE est une réponse à l'angoisse née de la rencontre sexuelle : un peu cher pour un anxiolytique !
Dans un certain nombre de cas, la prise du TPE pourrait être évitée. Comment cela ? En ayant le courage d'avoir une discussion sincère et respectueuse avec votre partenaire. En effet, peu de personnes l'envisagent mais si vous vous présentez à 2 aux urgences ou dans un service d'infectiologie, on peut faire les analyses nécessaires (charge virale) et déterminer rapidement si le traitement est nécessaire ou superflu... Dans les cas où le TPE n'est a priori pas indiqué, faire ensemble un autotest permet d'avoir rapidement un bon élément de réflexion et de se rassurer mutuellement. De plus, en cas d'autotest positif, le TPE sera mis en place. Mais pour cela il faut oser parler ou reparler avec quelqu'un qu'on ne connait pas forcément, avoir le tact et la délicatesse de ne pas mettre l'autre en accusation etc. Prendre une pilule peut sembler plus évident pour certaines personnes...
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Re: Surprescription TPE ?

Message par Sis2 » vendredi 31 juillet 2020 13:33

Huhu : j'étais en train de rédiger ma réponse en même temps que ma collègue a publié la sienne.
Et je trouve que nos réponses se complètent utilement.
Deux pour le prix d'une : vous en avez de la chance polo :sunglass:

L'article dont vous donnez le lien date un peu et il est publié dans un journal, au demeurant fort sérieux mais qui dépend du groupe Bayard, notoirement catholique.
Il n'est donc pas surprenant qu'y soit publié un article qui n'est pas en faveur du TPE.
Les informations qui y sont données ne sont pas fausses mais il faut bien lire le texte pour comprendre de quoi il s'agit.

Les recommandations sur la prescription du TPE sont très claires : https://cns.sante.fr/wp-content/uploads ... ih_aes.pdf voir le tableau page 8
Mais les médecins sont libres de leurs prescriptions.
Parfois le TPE est prescrit on pourrait dire un peu abusivement face à un risque pour lequel il n'est pas recommandé, mais parce que le patient est particulièrement angoissé, qu'il vient consulter aux urgences et rencontre donc un médecin dont le VIH n'est pas la spécialité.
Alors oui, le TPE ne comprend pas d'anxiolytique mais vous savez ce que c'est : certaines personnes estiment que c'est le seul moyen pour eux de ne pas être contaminées, même si le risque n'est pas réel. Donc ils peuvent aussi faire pression sur le médecin pour que le TPE leur soit prescrit.

Ceci étant, cette prescription initiale est en général revue à tête reposée lors de la consultation en service spécialisé, celle destinée à prolonger ou pas le TPE. Ce que le PR Rozenbaum indique dans l'article.
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